[ chroniques d'un quotidien mi-figue mi-raisin ]

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  • mandale douce

Leçon #5 Vive le vent (et la vacuité)

Ce sens du timing ! Alors que certains sont plutôt affairés à dépiauter frénétiquement un pavé de saumon ou à cuver un mousseux premier prix, il me prend l’envie de disséquer une thématique qui sent le sapin: la mélancolie. Lien de subordination entre les fêtes et l’inspiration de la dite thématique? Cousins au premier degré.

S’il est vrai que cette période est plus que propice à décupler le spleen, la mélancolie est depuis longtemps une comparse indispensable à mon équilibre. Sans elle, je me sens passive, creuse, intangible.

Incroyable et terrifiante à la fois, la mélancolie happe sans prévenir, il m’est arrivé de penser au sens de l’existence à des moments bien peu avouables, rapport au fait que certaines de mes terminaisons nerveuses ont semble-t-il des accointances suspectes avec certains refrains de la variété française. Non, pas Sardou ! Ça je ne te laisserai pas dire !


Allez, pour rendre tout ça ludique, je te propose un hit parade des 5 moments qui ont atrophié mes élans positifs ces dernières semaines ! Ouaiiis, trop bien! Tu es prêt? C’est partiiii!


Les voici classés par ordre décroissant, rapport au suspense, à motiver l’audimat, tout ça:


5: Le jour où je me suis rappelé ma prise de sang annuelle

(pensée sous-jacente : la mort)

4: Le jour où je me suis dit qu’il fallait que j’appelle ma grand-mère

(pensée sous-jacente : la mort)

3: Le jour où j’ai relu les précédents articles de ce grog

(pensée sous-jacente : la mort)

2: Le jour où j’ai dû faire des courses dans un Colruyt accolé à un Dreamland une avant-veille de la veille de Noël (pensée sous-jacente : la mort)


EEEET en numéro UUUUUN:

Le(s) jour(s) où j’ai scrollé sur instagram, n’importe lequel fera l’affaire, ces petites hémiplégies cérébrales si chères à mon lobe thyroïdien défaillant (le droit) sont pour ainsi dire toutes farcies à la médiocrité.


Ah oui et la pensée sous-jacente qui va avec (roulement de tambour): la mort.


Petit break commercial (parce que se détendre c'est important)


Dans ces situations banales surgissent de vrais doutes, des réflexions qui deviennent tentaculaires, sans baromètre de priorité : le panier de la ménagère, la montée du fascisme, mon ongle incarné, la déforestation, le blanchiment dentaire outrancier de la présentatrice du JT: TOUT M’AFFECTE, TOUT EST URGENCE !


Même s’ils sont parfois difficiles à appréhender, je considère ces pics (et tous les autres petits stimuli gris) comme autant d’opportunités de se sentir concernée, et du coup vivante, et du coup d’avoir l’envie (d’avoir envie) / (de faire tourner les serviettes).


Exercer mon regard à la distance, à l’ironie et à la distorsion, c’est le plus beau cadeau que m’a fait ma cousine Mélancolie. Et parce que j’ai la chance que ce lien ne soit pas (trop) aromatisé au jus d’ail et à la véritable tristesse, je ne repousse pas ses embrassades intermittentes.


La titiller peut offrir des moments de grâce inattendus, la contrer trop brusquement est un refuge factice.


C’est pourquoi, en conclusion, je préconise des remèdes non abrupts et exempts de TVA.


Oui, vraiment, je vais te laisser avec ça. Ta mélancolie n’est pas la mienne, ta rédemption non plus. Je voudrais bien faire que je n’aurais rien de bien à dire.


C’est quoi qu’on dit pour être conventionné avec le genre humain qui feint d’ignorer sa propre mélancolie déjà?


Ah oui, bonnes fêtes de fin d’année!

Et à la vôtre (cette semaine plus que jamais)

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